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Voyage au cœur de l’artisanat béninois

 

L’artisanat béninois occupe une place essentielle dans la vie quotidienne et culturelle du pays. Il est à la fois héritage, moyen de subsistance et vecteur d’identité.

Des tisserands du centre aux sculpteurs du sud, en passant par les perliers et les créateurs contemporains, les artisans perpétuent un savoir-faire ancestral tout en l’adaptant aux exigences du monde moderne.

  1. Les tissus : symbole de beauté et d’appartenance

Le tissu est l’un des emblèmes les plus visibles de la culture béninoise. Les pagnes tissés traditionnels, comme le Kanvo de Savalou ou les étoffes du Borgou, sont confectionnés à la main sur des métiers en bois.

Et puis , à côté de ces créations locales, il y a le pagne wax qui s’est imposé comme une toile d’expression culturelle. Bien qu’il soit d’origine étrangère, il a été complètement intégré dans les usages béninois. Les motifs et les noms donnés à chaque pagne, par exemple, “Mon mari est capable“ , “L’œil de ma rivale“, “Les doigts de Dieu“  traduisent des messages sociaux, humoristiques ou symboliques.

  1. Les perles : art, parure et spiritualité

Les perles, quant à elles, ont une valeur à la fois esthétique et symbolique. Elles servent à orner le corps, mais aussi à marquer un rang, un âge ou une fonction religieuse. Dans le sud du Bénin, notamment à Ouidah, Porto-Novo et Allada, elles sont étroitement liées aux pratiques vodun.

Les couleurs ont une signification :

  • Le blanc est associé à la pureté et à la paix.
  • Le rouge symbolise la puissance et la vitalité.
  • Le bleu évoque la sérénité et la protection.

Les artisans perliers perpétuent un savoir-faire transmis depuis des générations. Et aujourd’hui, les perles connaissent un regain d’intérêt dans la mode béninoise contemporaine, où elles s’intègrent dans des bijoux modernes et des accessoires valorisant nos racines africaines.

  1. Les sculptures : héritage royal et artistique

La sculpture béninoise, notamment celle d’Abomey, est l’une des plus reconnues d’Afrique de l’Ouest. En effet, les rois du Danxomè faisaient réaliser des trônes, des portes et des bas-reliefs représentant leurs hauts faits et leurs symboles. Ces œuvres servaient à transmettre la mémoire royale et à affirmer le pouvoir politique et spirituel.

Aujourd’hui encore, les artisans sculpteurs d’Abomey, de Porto-Novo ou de Dassa poursuivent cette tradition, travaillant le bois, la pierre ou le métal. Certains innovent en intégrant des matériaux recyclés ou des inspirations contemporaines. On constate aisément que la sculpture béninoise reste un art vivant, à la croisée du sacré et du décoratif.

  1. Les objets rituels : entre foi et artisanat

L’artisanat béninois est bien souvent indissociable du culte vodun. Les objets rituels tels que les statuettes, fétiches, calebasses, masques, cloches, tambours, sont fabriqués selon des règles précises et souvent sous la direction d’initiés. Chaque objet peut avoir une fonction : appeler les esprits, protéger une maison, ou accompagner une cérémonie.

Ces créations témoignent du lien profond entre spiritualité et art. Elles rappellent que l’artisanat au Bénin n’est pas seulement esthétique, mais fonctionnel et symbolique, au service du collectif et du divin.

  1. L’artisanat comme pilier économique et social

Au-delà de sa dimension culturelle, l’artisanat béninois joue un rôle économique majeur. Il fait vivre des milliers de familles et constitue un secteur clé pour le développement local et le tourisme. Les marchés comme Dantokpa, Ganhi à Cotonou, ou encore les villages artisanaux d’Abomey et de Natitingou attirent à la fois des visiteurs locaux et étrangers.

L’artisanat permet aussi de transmettre un savoir intergénérationnel : dans de nombreux ateliers, les enfants apprennent dès le plus jeune âge aux côtés de leurs parents ou grands-parents. Et cette transmission orale et pratique constitue un pilier de la continuité culturelle béninoise.

 

 

 

BONUS : Lieux à découvrir pour contempler l’artisanat béninois
  • Abomey : Centre historique de la sculpture et des arts royaux.
  • Ouidah : Haut lieu de l’art vodun et de la fabrication d’objets rituels.
  • Savalou : Capitale du pagne tissé.
  • Porto-Novo : Ville d’art et de traditions, réputée pour ses perliers et tambours.
  • Natitingou : Terre des artisans du bronze, du cuir et de la poterie.
  • Cotonou (Marché Dantokpa) / Centre de promotion de l’Artisanat : carrefour des artisans venus de toutes les régions du pays.

 

L’artisanat béninois est plus qu’un simple savoir-faire : c’est une mémoire vivante. Chaque objet fabriqué porte une part d’histoire, de foi et d’identité. En valorisant ces créations, le Bénin ne défend pas seulement son patrimoine, il renforce le lien entre ses racines et son avenir. Préserver l’artisanat, c’est garder intacte la main qui relie le passé au présent.

Sources:

https://beninartblog.wordpress.com/2018/07/02/lartisanat-au-benin-un-secteur-riche-et-attrayant/
https://journaldubenin.com/cotonou-celebre-lartisanat-beninois-et-son-rayonnement-international/

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