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Calendrier religieux 2026 du Bénin : Symbole de coexistence

Un calendrier religieux béninois marqué par la coexistence entre Vodun, Ramadan et Carême

Il y a des coïncidences qui n’en sont pas vraiment.

À peine les échos de la Fête du Vodun se dissipent-ils que le calendrier religieux nous conduit vers deux autres rendez-vous majeurs : le Ramadan et le Carême. Cette année encore, ils débutent au même moment, à un jour près.

Après les tambours et les cris, l’âme réclame le recueillement, comme le temps du silence qui vient naturellement après les tumultes.

Le temps du Vodun : célébrer l’invisible

Chaque 10 janvier, le pays célèbre publiquement ce que beaucoup vivent intimement : la spiritualité Vodun. Sur les plages de Ouidah, dans les couvents d’Abomey, dans les quartiers de Porto-Novo, les couvents se sont animés, les corps ont dansé, les tambours ont parlé.

La célébration du Vodun n’est ni folklore ni superstition. C’est une cosmologie et une manière d’habiter le monde en reconnaissant que l’invisible participe au visible.

Cette fête nationale est un moment d’affirmation : l’affirmation d’une identité africaine longtemps caricaturée, l’affirmation d’un héritage qui a traversé l’histoire et les blessures.

C’est à chaque fois le temps de la manifestation. Le temps du collectif. Le temps d’un bruit sacré.

Puis, doucement, presque naturellement, le calendrier change de tonalité.

Le Ramadan : discipliner le corps pour élever l’âme

Le Ramadan, qui devrait débuter le 17 février 2026 au soir, est un mois de jeûne, de prière et de solidarité. Du lever au coucher du soleil, les fidèles s’abstiennent de manger, de boire et de céder à certaines habitudes. Il culmine avec l’Aïd-el-Filtr, fête du partage et de la générosité.

Mais le jeûne n’est pas une simple privation alimentaire. Il est une pédagogie intérieure. On apprend à maîtriser ses désirs, à ressentir la faim afin de comprendre celle des autres. On parle moins pour écouter davantage, on se prive pour se purifier. On apprend à ralentir.

Pendant le Ramadan, les mosquées se remplissent, les marchés s’adaptent aux horaires de rupture du jeûne, les familles se retrouvent autour de la table au moment du ftour. Même ceux qui ne jeûnent pas respectent le rythme de ceux qui le font. Le monde s’aligne …

Le Carême : quarante jours pour revenir à l’essentiel

Dans le Christianisme, le Carême dure quarante jours et prépare à Pâques. Il débute avec le Mercredi des Cendres, 18 février 2026, et mène au jour de la résurrection. C’est un signe d’humilité et de conversion intérieure. Et là encore, il ne s’agit pas seulement de se priver mais de se transformer, d’évoluer.

Le Carême, en effet, invite à trois exercices principaux :

– le jeûne,

– la prière,

– l’aumône.

On se déleste pour mieux se recentrer. On en fait moins pour être plus.

Dans les églises, les chemins de croix s’organisent, les fidèles redéfinissent leurs priorités et certains choisissent d’abandonner certaines habitudes pour se discipliner.

Du bruit au silence : une continuité, pas une opposition

Vu de l’extérieur, on pourrait croire à une succession de religions qui se remplacent. Mais au Bénin, il ne s’agit pas de remplacement mais de coexistence.

Dans une même famille, il n’est pas rare de trouver :

– un oncle musulman,

– une mère catholique,

– une grand-mère attachée aux pratiques Vodun.

Et la maison tient debout. C’est là tout ce qu’il y a de fascinant.

Ce passage presque simultané de la célébration Vodun au Ramadan et au Carême n’est pas une contradiction. C’est une illustration du schéma béninois : savoir faire cohabiter et donner la place à chaque spiritualité sans les annuler.

Le Vodun célèbre la présence des forces invisibles dans la communauté. Le Ramadan et le Carême quant à eux invitent à un dialogue intérieur avec Dieu. Mais eux tous évoquent la discipline, le respect, le dépassement.

On voit bien que le jeûne existe dans les pratiques initiatiques Vodun, la prière, elle, dans toutes les traditions et la purification est une aspiration universelle.

Que pourrait-en apprendre le monde ?

À une époque où les différences religieuses alimentent parfois les tensions et les conflits ailleurs, le Bénin , lui, offre un tout autre récit. Celui d’une paix, où les spiritualités ne s’effacent pas mais où elles se mettent ensemble.

Ce moment où Ramadan et Carême commencent presque ensemble, juste après la fête du Vodun, est plus qu’une coïncidence de calendrier religieux. Nous pouvons y voir un message plus profond qui dit que nous savons célébrer, nous savons nous recueillir mais le plus important, nous savons croire différemment sans cesser de vivre ensemble. Le Bénin n’est pas que le berceau du Vodun mais aussi celui de la tolérance, du partage, et surtout de la laïcité.

Une leçon à tirer nous-même

Peut-être est-ce cela, au fond, notre maturité collective : savoir que l’élévation peut prendre plusieurs chemins.

Certains choisiront le jeûne du Ramadan,

D’autres marcheront vers Pâques à travers le Carême,

Et d’autres encore resteront ancrés dans la tradition Vodun.

Mais tous chercheront, à leur manière, à devenir meilleurs que la veille

 

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