Culture

12 Comportements Qui Ont Mauvaise Presse En Afrique

L’Afrique reste une forteresse de mystères au point où certains interdits ont traversé l’époque féodale et enquiquine aujourd’hui la raison à loisir. Ressemblant souvent à des histoires à dormir debout pour ceux qui se sont abreuvés aux sources de connaissances occidentales capitalistes, ces réalités socioculturelles sont considérées comme des lignes rouges à ne pas franchir par les traditionalistes.  Et pour cause, leurs conséquences sont très souvent dramatiques et sans recours.

L’Afrique du XXIe siècle est culturellement métissée. D’une part, la culture occidentale s’est érigée en reine et tend ses serres voraces dans tous les cœurs pour embrigader tout ce qui est tradition. D’autre part les valeurs endogènes, déshéritées et mutilées dans leur propre environnement, se parent du bouclier de la résistance. En Afrique traditionnelle, les interdits, qui font partie intégrante des valeurs, ne sont pas des superstitions, mais plutôt des croyances. Qu’on y croit ou non, elles ont une force infaillible de réalisation.

Les histoires des royautés et le contenu des contes nous en disent long. C’est vrai, il existe des histoires abracadabrantes que même le plus fervent des traditionalistes ne croirait plus aujourd’hui. Tout le monde sait désormais qu’au Bénin, l’enfant qui naît avec des dents n’est plus un Tohossou (dieu de l’eau) à sacrifier en le faisant écraser contre un tronc d’arbre pour éviter une épidémie de maladies à la famille. Nul n’ignore qu’au Cameroun, interdire à un enfant, à table avec ses parents, de manger en premier le poisson, de peur qu’un os lui bloque à la gorge, est simplement une bêtise.

En Afrique traditionnelle, les interdits, qui font partie intégrante des valeurs, ne sont pas des superstitions, mais plutôt des croyances. Des individus (que je nomme ‘’les chasseurs de pluie’’, ) peuvent l’attirer ou l’empêcher de pleuvoir par le biais des feuilles de plante ou des ingrédients connus des initiés. N’empêche que les guérisseurs traditionnels ont le pouvoir d’extraire des tessons de bouteille, des aiguilles ou autres objets hétéroclites du corps de leur patient en employant des feuilles rampantes le long des murs comme l’a si bien illustré l’écrivain béninois Olympe Bhêly-QUENUM dans son livre L’initié.

L’Afrique reste l’Afrique ; celle des dieux, des croyances, des mystères, de l’oralité, de l’intolérance de la transgression de lois et d’usages, celle des interdits. Ces derniers varient selon qu’ils sont alimentaires, sexuels, spéciaux, comportementaux, religieux… La raison les catalogues comme invraisemblables parce qu’elle peine à trouver une explication de corrélation. Alors que les interdits alimentaires sont les mieux connus, ceux qui sont d’ordre comportemental sont plus nombreux et complexes surtout à cause des inconvénients qu’ils engendrent : malédiction, folie, possession par les mauvais esprits, malchance, séparation, impureté, mort, etc.

 

Voici une liste non-exhaustive des comportements à éviter.

 

1- Poser de l’argent sur la table à manger ou sur le lit.

Conséquences : fuite d’argent, incapacité à pouvoir se nourrir, conflits répétés liés à l’argent avec d’autres

2- Déposer un chapeau sur le lit

Conséquences : perte d’honneur, d’autorité ou de rang de privilèges

 

3 – Cacher de l’argent sous son oreiller.

Conséquences : sommeil agité, Mauvais rêve, Problème d’ordre pécuniaire.

 

4- Réclamer de l’argent à un débiteur tard dans la nuit.

Conséquences : risque de ne plus entrer en possession de l’argent ou sa dilapidation dans le cas contraire.

 

5- Parler, répondre à un appel, chanter, siffler sous la douche ou aux toilettes

Conséquences : exposition aux mauvaises ondes, aux mauvais esprits, aux sorciers

 

6 – Balayer la nuit

Conséquences : risque de maladies causées par Sakpata – le dieu de la terre ou de la maladie –  (En balayant à ce moment, on blesse la terre (dieu), les conséquences sont donc l’exposition aux mauvais esprits, la fuite des entités bienfaisantes

7- Répondre à l’appel d’une voix lointaine parvenant dans la nuit alors qu’on n’a pas formellement identifié l’auteur.

Conséquences : risque d’envoûtement

 

8 – Enfoncer un clou dans quelque chose tard dans la nuit

Conséquences : obstruction des portes du bonheur, risque d’accident : ce geste est le « goudidada » en goun-gbé qui signifie l’invocation du dieu des forgerons et du fer pour provoquer l’accident

 

9 – Cracher sur du feu ardent

Conséquences : faiblesse de la force du Verbe, déconsidération de vos propos ou paroles par l’interlocuteur.

 

10- Prendre l’habitude de poser les deux mains sur la tête.

Conséquences : attirance sur soi du malheur, disposition à recevoir quotidiennement les mauvaises nouvelles

 

11- Faire l’amour en pleine menstruation

Conséquences : souillure de l’aura, malchance, destruction de la protection spirituelle et de toutes œuvres spirituelles en soi, problèmes dans tous les domaines, hégémonie de la femme sur l’homme

 

12 – Offrir du parfum, des dessus, des chaussures tapettes, appelées en goun-gbé ‘’jimaplon’’ à son conjoint.

Conséquences : abandon, divorce

 

La fatalité est le salaire de l’ignorant. Heureusement, pour l’humanité, la tradition africaine n’est pas fatale ; elle est prévoyante. Elle a prévu plusieurs rituels expiatoires de ces genres de mauvais sort. Seulement, si tout le monde convient qu’une faute est pardonnable, il serait facile de comprendre que la persévérance dans la faute est diabolique. Dictum spapienti sat est !

 

Isiel DOSSOU

Sources : Monwaih, Slate  Afrique, Achouka Mondoblog, Revues Droit cultures

 

 

 

 

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